Lorsque l’homme s’égare au poids lourd de ses chaînes
Qu'un miroir de fureur lui renvoie son courroux.
Une aube, malgré tout, se lève sur les plaines.
Pour l’amour de l’humanité.
La pierre porte en elle un printemps de lumière,
Le ciseau du vivant n’y grave aucun dégoût,
Qui mutile autrui se mutile en matière.
Pour l’amour de l’humanité.
Je ne crois qu’aux chemins qu’on élargit ensemble,
Aux silences dressés plus hauts que le destin,
L’arbre offre mieux son ombre à qui le fait trembler
Pour l’amour de l’humanité.
Les palais du pouvoir ne sont que sable et cendre,
Quand l’enfant sans printemps dort au seuil des festins,
Le pain rompu vaut mieux que tous les sceptres à prendre
Pour l’amour de l’humanité.
L’étoile n’a jamais demandé notre nom,
Elle éclaire à la fois le juge et le coupable,
Le ciel ignore encore où finit la raison.
Pour l’amour de l’humanité.
Qu’un fil discret nous guide à travers les ténèbres,
De main en main, sans bruit, jusqu’au cœur secourable,
Les colonnes du jour se dressent dans les êtres
Pour l’amour de l’humanité.
Il faudra relever ce qui fut mis à terre,
Mesurer nos orgueils à l’aune du pardon,
L’avenir se construit sans vainqueur ni frontière.
Pour l’amour de l’humanité.